MON PLUS GRAND DEFI CYCLISTE REUSSI « Cinglée du Ventoux » - Samedi 11 septembre 2010
Arrivés à Vaison-la-Romaine la veille au soir, nous voilà donc sur place pour démarrer notre week-end « tout fou » : notre but est donc, selon notre choix, de monter le Ventoux une fois, deux fois, trois fois (les Cinglés
) et même quatre fois pour certains (les Galériens
).
Pour ma part, ayant déjà fait 2 faces successives, je suis partante pour tenter les 3 faces et si ça marche je deviendrai « Cinglée du Ventoux », hé, hé!
Saturnin et Alain se lèvent très tôt et quittent le camping vers 6h du mat car ils vont essayer de faire 4 faces, dont Bédoin 2 fois, une fois en vélo « de route » et une fois avec un VTT loué à Bédoin.
Alors que je déjeune tranquillement avec Bruno, je fais un bond
en voyant quelqu’un à la porte-fenêtre : c’est Cri-cri qui est déjà là, il s'est levé à 2h du mat. Il « petit-déjeune » avec nous et nous nous préparons des sandwichs.
Bruno, tout content. Il a déjà fait les 3 faces l'an dernier mais n'ayant pas commandé le carton officiel, il n'avait pas pu faire valider son exploit
.
Cri-cri et Raymond. Je sens déjà chez Cri-cri l'inquiétude qui monte car il voit bien que nous ne partirons pas à l'heure prévue
…
Pierre nous prend en photo juste avant le départ
. Nous serons donc 9 à rouler. Je crois qu'il manque Saturnin sur ce cliché
...?
Les hommes roulent devant. Il fait un temps de rêve, pas un brin de vent et un ciel tout bleu.
A l’entrée de Malaucène, la chaussée est complètement défoncée. Chaque trou dans la chaussée me secoue le squelette ![]()
Première pause à Malaucène – On quitte les vestes et je fais faire tamponner ma carte de route au « Tabac-Presse » du coin. J’en profite aussi pour avaler une barre de pâte d’amandes.
Dès le départ, Cri-cri et Migi partent devant. Bruno me dépasse bien évidemment, après avoir acheté une gourde à Malaucène car évidemment il a oublié la sienne
. Christiane n’est pas loin derrière. On s’est entendues pour, si possible, rouler ensemble si Christiane se lance dans les 3 faces.
Dans la montée …
Le sommet au loin
Arrivée en haut, les premiers du groupe sont déjà repartis. Par contre, il y a une foule d’étrangers, cyclos, marcheurs, conducteurs de voiture. Pas de Christiane à l’horizon. Je l’appelle mais elle est sur messagerie. Je lui demande de me rappeler pour me dire si elle fait les 3 faces. Il fait froid, je ne peux pas rester longtemps. Je file sur Bédoin. Peu avant d’arriver au village, je croise Cri-cri et Migi qui se sont lancés dans leur 2ème montée. Arrivée à Bédoin, j’en profite pour manger mon sandwich et faire tamponner mon carton. Christiane me rappelle en me disant de filer sans l’attendre car elle n’a pas une super forme et ne fera pas les 3 faces. Bon, cela veut dire que je vais rouler toute seule, misère
, serai-je assez motivée pour aller jusqu’au bout ? A ce moment-là, je n’en sais rien.
La montée de Bédoin est très raide. A un moment, je décide de m’arrêter pour souffler un peu et manger. Un couple garé tout près et très sympa me disent qu’ils m’admirent de faire cette montée. Quand je repars, le Monsieur me propose de me pousser, ce que j’accepte car redémarrer dans la montée de Bédoin n’est pas très facile. Deux secondes après, je croise Alain et Saturnin qui descendent comme des fusées. Alain crie : « ALLEZ MAGALI ! ». Du coup, ça me redonne la pêche!
Je me tâte : si je m’arrête au Chalet Reynard pour manger une croûte et boire un bon café, cela va me retarder et compromettre mes 3 faces. D’un autre côté, si je reprends des forces en mangeant, je serai mieux pour rouler. Sacré dilemme ! C’est l’heure qui tourne qui me fera changer d’avis. Il faut absolument que j’arrive à terminer ma deuxième montée le plus rapidement possible, car après il y a encore de quoi faire !
Je croise Françoise, Christiane et Pierre
Fantomette en plein effort ![]()

Au Chalet Reynard, je me sens bien crevée par cette montée mais j’ai tellement envie de faire ces 3 faces que je frémis à l’idée de réussir. Après tout, pourquoi toujours vouloir compter sur les autres ? Il y a des moments où il faut se motiver soi-même sinon on ne ferait jamais rien d’extraordinaire.
J’ai bien faim en arrivant au sommet du Ventoux et je me rappelle une histoire racontée par Coccinelle qui vantait les bienfaits des chips lors d’un gros effort cycliste. Je prie pour que le magasin au sommet en vende et en demande lorsque je fais tamponner ma carte. YOUPI, ils en vendent
. J’engloutis donc la moitié d’un petite paquet et fourre le reste dans ma sacoche arrière. Je sais que c’est là que commence le plus difficile. Et surtout lorsque je croise à nouveau Bruno dans sa 3ème montée à qui je dis que je fais en faire 3 et qui me réponds du tac au tac « Mais tu es folle, tu vois à quelle heure tu vas rentrer ? » Charmant
, je fais comme si de rien n’était et continue car je pense que j’en suis physiquement et mentalement capable. Je croise Cri-cri et Migi qui remontent déjà de Sault. Ils roulent bien, malgré la fatigue.
A peu de distance de Sault, en plein élan, il me semble entendre mon nom. Je tourne la tête, rien, puis j’entends à nouveau mon nom ! C’est Jacque D.! Qu'est-ce-qu'il fait ici
??? C'est un truc de fou son histoire ! Il est là ce week-end pour fêter l’anniversaire de sa sœur qui habite Niozelles. Malheureusement, il vient d'avoir un accident de voiture à Sault. Il attend le dépanneur avec sa remorque car l’avant de sa voiture est tout écrasée. Il me la montre dans le parking, effectivement
… Il dit qu’il va bien car l’airbag s’est mis en marche mais comme il est rentré tout droit dans un poteau
, ça a fait des dégâts. Pas de veine. Il m’a reconnue grâce au maillot ATSCAF que je portais, sinon je serais passée à quelques mètres de lui et on ne se serait même pas vus.
Fête à Sault - ambiance musicale
A Sault, je mange un peu et refais le plein des gourdes à la Fontaine de la Maison du Tourisme. Je ne traîne pas et me lance dans la remontée.
J’entame donc ma 3ème montée qui, je le sais, pour l’avoir faite déjà plus fois sera assez longue mais peu pentue par rapport aux 2 premières. A mi-chemin environ, je croise Alain et Saturnin. Je leur dis « A plus tard, vous n’aurez aucun mal à me rattraper de toute manière ! ». Le soleil commence à baisser sérieusement à l’horizon. Il y a de moins en moins de cyclistes, et surtout pas qui montent. Arrivée au Chalet Reynard, je me dis que j’approche du but pour de bon cette fois-ci. Je suis surprise de ne pas voir arriver Saturnin et Alain qui montent tellement vite d’habitude. Le soleil va bientôt se cacher. La montée est absolument magique avec des changements de couleurs à l’horizon et je me dis que l’avantage de terminer tard est d’avoir un ciel si beau à contempler.
Celle-ci, c'est ma préférée
!
J’appelle Bruno pour lui demander d’essayer de contacter Alain ou Saturnin car ne les voyant pas arriver, ce n’est pas normal, je me demande si ils ont eu un souci et avec la nuit qui tombe, pas terrible. Bruno me rappelle : il n’arrive pas à les joindre, pas de réponses, bizarre… Il m’apprend que Pierre vient à ma rencontre en voiture. Chouette alors !
Je vois la voiture de Pierre peu avant le col des tempêtes. Il m’encourage et m’offre du coca. Ce qui me gênera le plus dans les derniers kilomètres est d’avoir des lunettes de soleil
! Je ne pensais pas finir si tard et n’ai pas emporté mes lunettes de vue. Du coup, je manque de peu de tomber à plusieurs reprises car je monte très doucement, et ne vois rien, et le fait de ne pas voir clair autour de soi fait perdre l’équilibre. En plus, je n’ai aucun éclairage et sur la fin Pierre roule juste devant moi en éclaireur, ses phares allumés m’aident bien. Allez, encore le dernier virage, le cœur bat très fort, et surprise personne en haut, seulement Pierre et sa voiture.
Je n’ai jamais vu le Ventoux aussi déserté
, ça fait vraiment très drôle. Encore un peu de coca, une veste bien chaude et Pierre met mon vélo dans la voiture. Nous redescendons et il fait vraiment nuit noire. Pierre me dit "Mais comment as-tu fait pour réussir un tel exploit?". Eh bien, je n'en sais rien, j'ai juste appuyé sur les pédales
!!! Impossible à expliquer.
Je rappelle Bruno et lui dit que Alain et Saturnin ne pourront pas descendre sans éclairage, c’est beaucoup trop dangereux surtout du côté de Malaucène avec les ravins. Bruno et Raymond partent à leur rencontre et ils les trouveront vers le Mont Serein. Saturnin n’avait plus de batterie dans son téléphone et Alain je ne sais plus ….
Ca y est ! J’ai réussi mon défi
! Même si cela m’a pris du temps, j’y suis arrivée et j’ai reçu depuis ma carte de cinglée du Ventoux. Ca fait drôlement plaisir !
Je suis contente d’y être arrivée, car ce n’est pas facile. J’ai su aussi très bien gérer (toute seule) mon alimentation, en buvant toutes les 10 minutes et en mangeant comme il faut. J’avais aussi ce qu’il fallait en coupe-vent pour redescendre du somment sans avoir froid et ne me suis donc pas inutilement gelée. Il faut dire que nous avons eu beaucoup de chance avec la météo qui était parfaite pour ce genre de raid.
Bilan de la journée:
126 km
D+ 4443m
Il y a aussi les blogs ci-dessous de Cri-cri et Migi à lire qui racontent chacun "leur Ventoux" à "leur manière".
http://cricri-le-cyclo.over-blog.com/article-et-un-et-deux-et-trois-ventoux-56938357.html
http://26migi05.eklablog.com/et-un-et-deux-et-trois-ventoux-a1662604
Nos héros, Saturnin et Alain ont réussi les 4 faces du Ventoux, bravo à eux!
Il est plus de 22 heures lorsque nous commençons à manger, sous le auvent de l'un de nos mobil-home. La soirée est bien animée
et se termine tard.