V.I. Pâques en Provence - 1er avril 2010 (1er jour)
Notre Voyage Itinérant ATSCAF s’est formidablement bien déroulé du 1er au 5 avril grâce à une organisation au top, et en plus nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie, quelle chance !
Au total, près de 500 km parcourus sur 5 jours, avec plus de 1.000 m de dénivelé chaque jour.
Pour ma part, ça a été une très belle expérience dans une ambiance formidable
.
Je rédigerai donc un article par jour pour que la lecture ne soit pas trop longue. Les indications historiques fournies par Yves D. me permettront d'ajouter quelques informations intéressantes au récit de notre périple à vélo. Un grand merci à Yves qui a organisé ce voyage itinérant (V.I.).
1er avril 2010 - Roussillon/Crest - 123 km
Pour nous, cette « aventure » commence le mercredi soir (31 mars) avec l’arrivée de Françoise Ch. venue manger et dormir chez nous après avoir déposé son sac chez Evelyne et Bernard. Nous passons une bonne soirée bien animée et nous nous couchons relativement tôt pour être en forme le lendemain.
Pour ma part, lever à 4h30 du matin, petit déj., douche, Françoise se lève un peu plus tard et une fois prêtes nous nous élançons à vélo avec nos éclairages et nos gilets fluos peu après 6h du matin dans Lyon totalement plongées dans la nuit, pour rejoindre le reste de la troupe dans le quartier de la Part-Dieu où nous avons rendez-vous à 6h30. Les rues sont très mouillées car il a beaucoup plu durant la nuit, il fait très frais, c'est humide. Le chargement des sacs de voyage est effectué très rapidement. Ensuite, vient le tour du démontage des roues avant des vélos qui seront fixés sur la remorque à vélo que tirera Rodolphe au volant du minibus loué.
C’est un peu compliqué car le système de fixation avec les attaches-rapides ne correspond pas toujours à nos vélos « modernes » et le chargement des vélos suivi de l’empilement des roues au-dessus des sacs de voyage dans la camionnette prendra près d’une heure
.
Départ de Lyon à 7h30 dans la camionnette à 9. Rodolphe au volant, Evelyne, Christiane, Françoise Ch., Christophe L., son frère Benoît, Pierre D., Yves et moi.
Près de la Gare de Roussillon, nous retrouvons Michel G. et Michel F. qui sont venus à vélo de Lyon, mais ils n’ont pas roulé ensemble.
Le ciel est très chargé et sinistre, mais nous aurons beaucoup de chance, car pas une goutte de pluie ne tombera malgré le ciel plus que menaçant. Nous partons donc à 10 de Roussillon et Rodolphe fera la "camionnette suiveuse".
A Epinouze, nous nous arrêtons à la Commanderie de Lachal, avec un château en cours de transformation en gîte, faussement dénommée « Commanderie des Templiers » car elle dépendait en fait des hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Les bâtiments en pierre partiellement du XIVème siècle font l’objet d’une belle rénovation.
Yves et au fond l'Ardèche qui ne tardera pas à être au soleil. Le ciel bleu s'étend
Arrivés à Hauterives, nous nous arrêtons dans un café pour prendre une boisson chaude. C’est un village fortifié au Moyen-âge, et il reste des ruines du château féodal en hauteur. Ferdinand Cheval, homme très original et facteur de 1869 à 1912 a construit son « palais féérique » avec les cailloux qu’il a ramassé au cours de ses tournées dans le pays. La Mairie refusant de l’inhumer dans son palais, il a passé les 8 dernières années de sa vie à charrier des pierres pour construire son tombeau intitulé « Le tombeau du silence et du repos sans fin », qu’il a terminé en 1922. Il est mort en 1924 et a eu le soutien moral de Picasso et André Breton, et de toute l’équipe des « surréalistes » pour la qualité de son chef d’œuvre de l’art naïf.
A Saint Donat sur l’Herbasse, nous trouvons un restaurateur très sympa qui accepte que nous pique-niquions sur sa terrasse dans une espèce de zone commerçante déserte, car tous les magasins semblent fermés entre midi et 2 heures. Nous prenons également une boisson-apéro puis un bon café à la fin du repas. Il fait un peu frisquet.
L’ancien nom de St Donat sur l’Herbasse était « Jovincieu » qui signifiait « Le Bourg de Jupiter ». L’évêque de Grenoble réfugié lors d’une attaque des Sarrasins en 732, y déposa les reliques de St Donat. La commune changea de nom en même temps que l’on construisit une église qui lui fut consacrée et un palais. 1942 : Aragon et Elsa Triolet vécurent pendant la Résistance dans « La maison aux volets bleus ». Chaque année en juillet, un festival se tient au Château de Collonges (XVIIème siècle), qui s’appelle « Bach en Drôme des Collines ».
A l'intérieur ...
Nous redémarrons et voilà que Françoise Ch. crève
. Les hommes répareront cela très rapidement
La descente sur Romans et Bourg-de-Péage est magnifique ! Bourg de Péage doit son nom au péage sur l’Isère perçu par les chanoines pour l’entretien du pont. La principale industrie au siècle dernier était le feutre (obtenu à partir du poil de lapin
).
Ensuite, nous passons à Peyrus.
Etonnant ce bâtiment ici ...
Ce village a été créé avec le prieuré bénédictin (Chaise Dieu) au XIIème siècle. Il dépendait de la seigneurie de Châteaudouble. Ravagé par les guerres de religion entre 1577 et 1581, il se releva grâce au commerce des draperies et de la laine.
Nous irons ensuite prendre une boisson et manger une bonne brioche St Genis avec des pralines
dans un café un peu plus loin. Ensuite, Rodolphe nous quitte pour aller chercher Bernard et Yvette à la gare de Valence.
Nous passons à Châteaudouble (quel drôle de nom pour un village
) : 2 châteaux, l’un dominant le village, l’autre sur les bords de la Naturby.
Nous continuons notre route jusqu’à Crest avec un soleil très agréable.
Petit arrêt pour trouver la bonne route, ce n'est pas toujours évident
Nous voici arrivés à Crest où nous allons dormir chez les sœurs
, à Ste Claire.
La tour de Crest
Contre-jour vers l’ouest
Crest : seul vestige d’une forteresse démantelée en 1632 sur ordre de Louis XIII. Elle avait été construite sur des fondations romaines et surélevée au XIème et XVème siècles, jusqu’à 52 m sur le mur Nord.
Après une bonne douche, nous sommes heureux de nous retrouver tous ensembles autour d’une table pour le souper (avec une bonne soupe d’ailleurs en entrée).
Je partage une chambre avec Françoise et Christiane, et nous nous entendons super bien
.
Du coup, ça y est, j'ai enfin dépassé les 1.000 km depuis le 1er janvier.